56 L’ÉTOURDI,
Ce bel exploit «le guerre à nos yeux achevé,
Ce grand et rare effet d’une imaginativeQui ne cède en vigueur à personne qui vive,
Ma langue est impuissante, et je voudrais avoirCelles de tous les gens du plus exquis savoir,
Pour vous dire en beaux vers, ou bien en docte prose,Que vous serez toujours, quoi que l’on se propose,Tout ce que vous avez été durant vos jours;C’est-à-dire, un esprit chaussé tout à rebours,
Une raison malade et toujours en débauche,
Un envers du bon sens, un jugement à gauche,
Un brouillon, une bête, un brusque, un étourdi,
Que sais-je? un... cent fois plus encor que je ne di.
C’est faire en abrégé votre panégyrique.
LÉLIE.
Apprends-moi le sujet qui contre moi te pique ;
Ai-je fait quelque chose? Éclaircis-moi ce point.
MASCARILLE.
Non, vous n’avez rien fait; mais ne me suivez point.
LÉLIE.
Je te suivrai partout pour savoir ce mystère.
MASCARILLE.
Oui ? Sus donc, préparez vos jambes à bien faire,
Car je vais vous fournir de quoi les exercer.
LÉLIE seul.
Il m’échappe. O malheur qui ne se peut forcer !
Aux discours qu’il m’a faits que saurais-je comprendre,Et quel mauvais office aurais-je pu me rendre?
ACTE III.
SCÈNE PREMIÈRE.
MASCARILLE.
Taisez-vous, ma bonté, cessez votre entretien ;Vou3 êtes une sotte, et je n’en ferai rien.
Oui, vous avez raison, mon courroux, je l’avoue ;Relier tant de fois ce qu’un brouillon dénoue,
C’est trop dC ( patience ; et je dois en sortir,