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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE III, SCÈNE IV.

Vous pourrez vous nommer homme à bonnes fortunes.Il est vrai, sa beauté n’est pas des plus communes ;Mais en revanche aussi le reste est fort commun.

LÉLIE.

Léandre , arrêtons là ce discours importun.

Contre moi tant d’efforts qu’il vous plaira pour elle ;Mais, surtout, retenez cette atteinte mortelleSachez que je m’impute à trop de lâchetéD’entendre mal parler de ma divinité ;

Et que j’aurai toujours bien moins de répugnanceA souffrir votre amour, qu’un discours qui l’offense.

LÉANDRE.

Ce que j’avance ici me vient de bonne part.

LÉLIE.

Quiconque vous l’a dit est un lâche, un pendard.

On ne peut imposer de tache à cette fille,

Je connais bien son cœur.

LÉANDRE.

Mais enfin Mascarille

D’un semblable procès est juge compétent :

C’est lui qui la condamne.

LÉLIE.

Oui !

LÉANDRE.

Lui-même.

LÉLIE.

Il prétend

D’une fille d’honneur insolemment médire,

Et que peut-être encor je n’en ferai que rire !

Gage qu’il se dédit.

LÉANDRE.

Et moi, gage que non.

LÉLIE.

Parbleu ! je le ferais mourir sous le bâton,

S’il m’avait soutenu des faussetés pareilles.

LÉANDRE.

Moi, je lui couperais sur-le-champ les oreilles,

S’il n’était pas garant de tout ce qu’il m’a dit.

SCÈNE IV.

LÉLIE, LÉANDRE, MASCARILLE.

LÉLIE.

Ah! bon, bon, le voilà. Venez çà, chien maudit.

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