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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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74 L’ÉTOURDI,

SCÈNE XII.

CÉLIE, MASCARILLE.

CÉLIE à Masearille, qui lui a parlé bas.Quoi que tu veuilles dire, et que l’on se propose,De ce retardement j’attends fort peu de chose.

Ce qu’on voit de succès peut bien persuaderQu’ils ne sont pas encor fort près de s’accorder :

Et je t’ai déjà dit qu’un cœur comme le nôtreNe voudrait pas pour l’un faire injustice à l’autre,Et que très-fortement, par de différents nœuds,

Je me trouve attachée au parti de tous deux.

Si Lélie a pour lui l’amour et sa puissance,

Andrès pour son partage a la reconnaissance,

Qui ne souffrira point que mes pensers secretsConsultent jamais rien contre ses intérêts.

Oui, s’il ne peut avoir plus de place en mon âme,Si le don de mon cœur ne couronne sa flamme,

Au moins dois-je ce prix à ce qu’il fait pour moiDe n’en choisir point d’autre, au mépris de sa foi,Et de faire à mes vœux autant de violenceQue j’en fais aux désirs qu’il met en évidence.

Sur ces difficultés qu’oppose mon devoir,

Juge ce que tu peux te permettre d’espoir. _

MASCAR1LI.E.

Ce sont, à dire vrai, de très-facheux obstacles,

Et je ne sais point l’art de faire des miracles ; *

Mais je vais employer mes efforts plus puissants,Remuer terre et ciel, m’y prendre de tous sensPour tâcher de trouver un biais salutaire,

Et vous dirai bientôt ce qui se pourra faire.

SCÈNE XIII.

H1PPOLYTE , CÉLIE.

IJIPPOLYTE.

Depuis votre séjour, les dames de ces lieuxSe plaignent justement des larcins de vos yeux ,

Si vous leur dérobez leurs conquêtes plus bellesEt de tous leurs amants faites des infidèles :

Il n’est guère de cœurs qui puissent échapper