PREFACE.
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traduit les anciennes chroniques, on publie les vieux manuscrits. Ondoit à M. Guizot la Collection des Mémoires relatifs à l’histoire deFrance, depuis la fondation de la monarchie française jusqu'au trei-zième siècle. Je ne sais si des traductions de nos annales latines, touten favorisant l'histoire, ne nuiront pas à l’historien ; il est à craindrequ’en ouvrant le sanctuaire des faits aux ignorants et aux incapables,nous ne nous trouvions inondés de Tite-Lives et de Thucydides auxgages de quelque libraire. Il n’en est pas ainsi de la mise en lumièredes originaux : on ne saurait trop louer M. le marquis de Fortia de nousavoir donné le texte des Annales du Hainaut, par Jacques de Guise.Il faut remercier M. Buchon de l’édition de son Froissard et de cellede ses autres chroniques. M. Crapelet, M. Pluquet, M. Mcou,M. Barrière, ont montré leur dévouement à la science : le premier apublié ïHistoire du châtelain de Coucy, le second le roman de Itou,le troisième le roman de Renart , le quatrième les Mémoires de Lo-ménie. Ces mémoires contiennent des anecdotes sur les derniers mo-ments de Mazarin ; ils achèvent de faire connaître les personnagesque M. le marquis de Saint-Aulaire a remis en scène avec tant debonheur dans son Histoire de la Fronde.
Tout prend aujourd’hui la forme de l’histoire, polémique, théâtre,roman, poésie. Si nous avons le Richelieu deM. Victor Hugo, noussaurons ce qu’un génie à part peut trouver dans une route inconnueaux Corneille et aux Racine. L’Écosse voit renaître le moyen âge dansles célèbres inventions de Walter Scott. Le nouveau monde, qui u’ad’au-tresantiquités que ses forêts, ses sauvages, et sa liberté, vieille commela terre, a trouvé dans M. Cooper le peintre de ces antiquités. Nousn’avons point failli en ce nouveau genre do littérature : une foule d’hom-mes de talent nous ont donné des tableaux empreints des couleurs del’histoire. Je ne puis rappeler tous ces tableaux , mais deux s’offrenten ce moment même à ma mémoire : l’un, de M. Mérimée, représenteles mœurs à l’époque de la Saint-Barthélemy ; l’autre, de M. Latou-che, met sous nos yeux une des réactions sanglantes de la contre-ré-volution napolitaine. Ces vives peintures rendront de plus en plus dif-ficile la tâche de 1’historien. Au treizième siè«le, la chevalerie histori-que produisit la chevalerie romanesque, qui marcha de pair avecelle ; de notre temps, la véritable histoire aura son histoire Setive, quila fera disparaître dans son éclat, ou la suivra comme sou ombre.
Sous le simple titre de chansonnier , un homme est devenu .un desplus grands poètes que la Franco ait produits : avec un géuie qui