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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PRÉFACE.

« A coté delle a existé ee qui était indispensable à tout gouverne-« ment, mais ce qui aurait existé sans elle, et ce quelle a corrompu« et empoisonné en sy mêlant.

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« Ce régime abominable na point, comme on Ta dit, préparé le« peuple à la liberté ; il Ta préparé à subir un joug quelconque ; il a« courbé les têtes, mais en dégradant les esprits, en flétrissant les« cœurs; il a servi pendant sa durée les amis de l'anarchie, et son« souvenir sert maintenant les amis de lesclavage et de lavilissement« de lespèce humaine..

« .le naurais pas rappelé de tristes souvenirs, si je navais pensé« quil importait à la France, quelles que soient désormais ses des-« tinées, de ne pas voir confondre ce qui est digne dadmiration et ce« qui nest digne que dhorreur. Justifier le régime de 1793, peindre« des forfaits et du délire comme une nécessité qui pèse sur les peu-« pies toutes les fois quils essayent dètre libres, cest nuire à une> cause sacrée, plus que ne lui nuiraient les attaques de ses ennemis« les plus déclarés.

Séparez donc soigneusement les époques et les actes ; flétrissez« ce qui est éternellement coupable ; ne recourez pas à une métaphy-« sique abstraite et subtile, pour prêter à des attentats lexcuse dune« fatalité irrésistible qui nexiste pas; uôtez pas à vos jugements« toute autorité, à vos hommages toute valeur. »

Une pensée doit nous consoler, cest que le régime de la Terreur nepeut renaître, non-seulement, comme je lai dit, parce que personnene sy soumettrait, mais encore parce que les causes et les circons-tances qui lont produit ont disparu. En 1793, il y avait à jeter àterre limmense édifice du passé, à faire la conquête des idées, desinstitutions, des propriétés. On conçoit comment un système demeurtre, appliqué ainsi quun lévier à la démolition dun monumentcolossal, pouvait sembler une force nécessaire à des esprits pervers;mais tout est renversé aujourdhui, tout est conquis, idées, institu-tions, propriétés. De quoi sagit-il maintenant? Dune forme politiqueun peu plus ou un peu moins républicaine, de quelques lois à abolirou à publier, de quelques hommes à remplacer par quelques autres.Or, pour daussi minces résultats, qui ne rencontrent aucune résis-tance collective, qui ne blessent aucune classe particulière de la so-ciété, il nest pas besoin de mettre une nation en coupe réglée. On ne