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LOUIS XIV
cation continuelle, étaient le triomphe de ses mi-nistres, qui, avec un peu d’art et d’expérience à letourner, faisaient venir comme de lui ce qu’ils vou-laient eux-mêmes, et conduisaient le grand selonleurs vues, et trop souvent selon leur intérêt, tan-dis qu’ils s’applaudissaient de le voir se noyer dansces détails.
C’est donc avec grande raison qu’on doit dé-plorer avec larmes l’horreur d’une éducation uni-quement dressée pour étouffer l’esprit et le cœurde ce prince, le poison abominable de la flatteriela plus insigne qui le déifia dans le sein même duchristianisme, et la cruelle politique de ses minis-tres qui l’enferma, et qui pour leur grandeur, leurpuissance et leur fortune, l’enivrèrent de son auto-rité, de sa grandeur, de sa gloire jusqu’à le cor-rompre, et à étouffer en lui, sinon toute la bonté,l’équité, le désir de connaître la vérité que Dieu luiavait donné, au moins l’émoussèrent presque en-tièrement, et empêchèrent sans cesse qu’il ne fîtaucun usage de ces vertus ; dont son royaume etlui-même furent les victimes.
De ces sources étrangères et pestilentielles luivint un tel orgueil, que ce n’est point trop de direque, sans la crainte du diable que Dieu lui laissajusque dans ses plus grands désordres, il se seraitfait adorer, et aurait trouvé des adorateurs, témoinentre autres ces monuments si outrés, pour en