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LOUIS XIY
et qu’il se communiquait le plus familièrement,surtout aux principaux. Leur amitié et leur aver-sion a souvent eu de grands effets. Ils étaient sanscesse à portée de rendre de bons et de mauvaisoffices ; aussi faisaient-ils souvenir de ces puissantsaffranchis des empereurs romains, à qui le sénatet les grands de l’empire faisaient leur cour etployaient sous eux avec bassesse. Ceux-ci, danstout ce règne , ne furent ni moins comptés nimoins courtisés. Les ministres même les qilus puis-sants les ménageaient ouvertement ; et les princesdu sang, jusqu’aux bâtards, sans parler de toutce qui est inférieur, en usaient de meme. Les-charges des premiers gentilshommes de la chambrefurent plus qu’obscurcies par les premiers valetsde chambre, et les grandes charges ne se soutin-rent que dans la mesure que les valets de leurdépendance ou les petits officiers très-subalternesapprochaient nécessairement plus ou moins du roi.L’insolence aussi était grande dans la plupart d’eux,et telle, qu’il fallait savoir l’éviter, ou la supporteravec patience.
Le roi voyageait toujours son carrosse plein defemmes : ses maîtresses, après ses bâtardes, sesbelles-filles, quelquefois Madame, et des damesquand il y avait place. Ce n’était que pour les ren-dez-vous de chasse, les voyages de Fontainebleau,de Chantilly, de Compïègne, et les vrais voyages,