ET SA COUR.
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temps qu’en glissant sur la conduite du cabinet etdes armées, jamais prince ne posséda l’art de ré-gner à un si haut point. L’ancienne cour de lareine sa mère, qui excellait à la savoir tenir, luiavait imprimé une politesse distinguée, une gra-vité jusque dans l’air de galanterie, une dignité,une majesté partout qu’il sut maintenir toute savie, et lors même que vers sa fin il abandonna lacour à ses propres débris.
Mais celte dignité, il ne la voulait que pour lui,et que par rapport à lui ; et celle-là même relativeil la sapa presque toute pour mieux achever deruiner toute autre, et de la mettre peu à peu,comme il fit, à funisson, en retranchant tant qu’ilput toutes les cérémonies et les distinctions, dontil ne retint que l’ombre, et certaines trop marquéespour les détruire, en semant même dans celles-làdes zizanies qui les rendaient en partie à charge eten partie ridicules. Cette conduite lui servit encoreà séparer, à diviser, à alfermir la dépendance enla multipliant par des occasions sans nombre, ettrès-intéressantes, qui, sans cette adresse, seraientdemeurées dans les règles, et sans produire de dis-putes, et de recours à lui. Sa maxime encore n’é-tait que de les prévenir, hors des choses bien mar-quées, et de ne les point juger; il s’en savait biengarder pour ne pas diminuer ces occasions qu’ilse croyait si utiles. Il en usait de même à cet égard