ET SA COUR.
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en nommant les personnes qui à chaque fois endevaient être, et pour tenir chacun assidu et attentifà lui plaire. Il sentait qu’il n’avait pas à beaucoupprès assez de grâces à répandre pour faire un effetcontinuel. Il en substitua donc aux véritables d’i-déales, par la jalousie, les petites préférences quise trouvaient tous les jours et, pour ainsi dire, àtous moments, par son art à éveiller les espérancesque ces petites préférences et ces distinctions fai-saient naître, et par la considération qui s’en tirait ;personne ne fut plus ingénieux que lui à inventersans cesse ces sortes de choses. Marly, dans lasuite, lui fut en cela d’un plus grand usage, etTrianon où tout le monde, à la vérité, pouvait luialler faire sa cour, mais où les dames avaientl’honneur de manger avec lui, et où à chaque re-pas elles étaient choisies; le bougeoir qu’il faisaittenir tous les soirs à son coucher par un courtisanqu’il voulait distinguer, et toujours entre les plusqualifiés de ceux qui s’y trouvaient, qu’il nommaittout haut au sortir de sa prière.
Quoique le lieu où il se déshabillait fût fortéclairé, l’aumônier de jour, qui tenait, à sa prièredu soir, un bougeoir allumé, le rendait après aupremier valet de chambre, qui le portait devant leroi venant à son fauteuil. Il jetait un coup d’œiltout autour, et nommait tout haut un de ceux qui yétaient, à qui le premier valet de chambre donnait