ET SA COUR.
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ou familières, ou bien traitées, ni à celles que leurâge ou leur représentation marquait plus que lesautres. La destination seule suffisait dans les genshabitués à la cour.
Louis XIV s’étudiait avec grand soin à être bieninformé de ce qui se passait partout, dans les lieuxpublics, dans les maisons particulières, dans lecommerce du monde, dans le secret des familleset des liaisons. Les espions et les rapporteursétaient infinis. Il en avait de toute espèce : plu-sieurs qui ignoraient que leurs délations allassentjusqu’à lui, d’autres qui le savaient, quelques-unsqui lui écrivaient directement en faisant rendreleurs lettres par les voies qu’il leur avait prescrites,et ces lettres-là n’étaient vues que de lui, et tou-jours avant toute autre chose; quelques autres en-fin qui lui parlaient quelquefois secrètement dansses cabinets, par les derrières. Ces voies incon-nues rompirent le cou à une infinité de gens detous états, sans qu’ils en aient jamais pu découvrirla cause, souvent très-injustement, et le roi unefois prévenu ne revenait jamais, ou si rarementque c’était presque sans exemple.
Il avait encore un défaut bien dangereux pourles autres, et souvent pour lui-même par la priva-tion de bons sujets. C’est qu’encore qu’il eût lamémoire excellente et pour reconnaître un hommedu commun qu’il avait vu une fois, au bout de