ET SA COUR.
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dernière ignorance. A la dévotion se joignit la poli-tique. On voulut lui plaire par les endroits qui letouchaient le plus sensiblement, la dévotion et l’au-torité. On lui peignit les huguenots avec les plusnoires couleurs ; un État dans un État, parvenu à cepoint de licence à force de désordres, de révoltes,de guerres civiles, d’alliances étrangères, de rési-stance à force ouverte contre les rois ses prédéces-seurs, et jusqu’à lui-même réduit à vivre en traitéavec eux. Mais on se garda bien de lui apprendre lasource de tant de maux, les origines de leurs diversdegrés et de leurs progrès, pourquoi et par qui leshuguenots furent premièrement armés, puis soute-nus, et surtout de lui dire un seul mot des projetsde si longue main pourpensés, des horreurs et desattentats de la Ligue contre sa couronne, contre samaison, contre son père, son aïeul et tous lessiens.
On lui voila avec autant de soin ce que l’Évangile,et d’après celte divine loi* les apôtres et tous lesPères et leur suite enseignent sur la manière deprêcher Jésus-Christ, de convertir les infidèles etles hérétiques, et de se conduire en ce qui regardela religion. On toucha un dévot de la douceur defaire aux dépens d’autrui une pénitence facile,qu’on lui persuada sûre pour l’autre monde. Onsaisit l’orgueil d’un roi en lui montrant une actionqui passait le pouvoir de tous ses prédécesseurs,