ET SA COUK.
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et tout en trouble. J’appris que Mgr avait reçu l’ex-trême-onction, qu’il était sans connaissance et horsde toute espérance, et que le roi avait mandé àMme la duchesse de Bourgogne qu’il s’en allait àMarly, et de le venir attendre dans l’avenue entreles deux écuries, pour le voir en passant.
Ce spectacle attira toute l’attention que j’y pusdonner parmi les divers mouvements de mon âme,et ce qui tout à la fois se présenta à mon esprit.Les deux princes et les deux princesses étaientdans le petit cabinet derrière la ruelle du lit. Latoilette pour le coucher était à l’ordinaire dans lachambre de Mme la duchesse de Bourgogne, rem-plie de toute la cour en profusion. Elle allait et ve-nait du cabinet dans la chambre, en attendant lemoment d’aller au passage du roi ; et son main-tien, toujours avec ses mêmes grâces, était unmaintien de trouble et de compassion que celui dechacun semblait prendre pour douleur. Elle disaitou répondait en passant devant les uns et les au-tres quelques mots rares. Tous les assistants étaientdes personnages vraiment expressifs; il ne fallaitqu’avoir des yeux, sans aucune connaissance de lacour, pour distinguer les intérêts peints sur les vi-sages,- ou le néant de ceux qui n’étaient de rien :ceux-ci tranquilles à eux-mêmes, les autres péné-Irés de douleur ou de gravité et d’attention sur eux-mêmes, pour cacher leur élargissement et leur joie.