ET SA COUR,
■189
Il connaissait le roi parfaitement, il le respectait,et sur la fin il l’aimait en fils, et lui faisait une courattentive de sujet, mais qui sentait quel il était. Ilcultivait Mme de Maintenon avec les égards queleur situation demandait. Tant que Monseigneurvécut, il lui rendit tout ce qu’il devait avec soin.On y sentait la contrainte, encore plus avecMlle Choin, et le malaise avec tout cet intérieur deMeudon. Il aimait les princes ses frères avec ten-dresse, et son épouse avec la plus grande passion.La douleur de sa perte pénétra ses plus intimesmoelles. La piété y surnagea par les plus prodigieuxefforts. Le sacrifice fut entier, mais il fut sanglant.Dans cette terrible affliction rien de bas, rien depetit, rien d’indécent. On voyait un homme hors desoi, qui s’extorquait une surface unie, et qui y suc-combait.
Les jours en furent tôt abrégés, il fut le mêmedans sa maladie. 11 ne crut point en relever, il enraisonnait avec ses médecins dans cette opinion, ilne cacha pas sur quoi elle était fondée, et tout cequ’il sentit depuis le premier jour jusqu’au dernierl’y confirma de plus en plus. Quelle épouvantableconviction de la fin de son épouse et de la sienne !mais, grand Dieu! quel spectacle vous donnâtes enlui, et que n’est-il permis encore d’en révéler desparties également secrètes, et si sublimes qu’il n’y aque vous qui les puissiez donner et en connaître tout