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LOUIS XIV
son embarras qui subsistait, le contentement per-çait ; enfin il m’en parla comme lui en attribuanttout le malheur, et me le dit nettement.
Il faut remarquer que tous ces Mailly ne pou-vaient souffrir les Noailles ; la jalousie les rongeaitde la préférence qu’ils avaient sur eux chezMme de Maintenon, et leur manie était de trouverfort mauvais que la comtesse de Mailly, fille de soncousin germain, n’en eût pas été traitée en parfaiteégalité de fortune, comme la fille unique de sonpropre frère. Ceux qui surent à la fin l’histoire dela boîte, en assez grand nombre, ne furent pasplus susceptibles que moi de ce soupçon, et per-sonne ne s’avisa de jeter rien sur le duc deNoailles. Pour moi, je le crus si peu, que notreliaison demeura la même. Quelque intime qu’elleait été jusqu’à la mort du roi, je ne sais commentil est arrivé que nous ne nous sommes jamaisparlé de cette fatale tabatière.
Les horreurs qui ne se peuvent plus différerd’êlre racontées glacent ma main. Je les suppri-merais si la vérité si entièrement due à ce qu’onécrit, si d’autres horreurs qui ont augmenté cellesdes premières s’il est possible, si la publicité quien a retenti dans toute l’Europe, si les suites lesplus importantes auxquelles elles ont donné lieu,ne me forçaient de les exposer ici comme faisantune partie intégrante et des plus considérables de