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LOUIS XIV
de lui-même. » Je m’écriai encore plus sur un sipernicieux conseil, et si brusquement exécuté.
Tandis que nous causions ainsi tous deux seuls,M. le duc d’Orléans entra; jamais je ne vis hommesi profondément outré et abattu. Il me redit ce queje venais d’entendre qui s’était passé entre le roiet lui, entre son lever et la messe , et l’ordre qu’ilavait envoyé, au retour de cette conversation, pourque Humbert s’allât remettre à la Bastille. Je luitémoignai, comme j’avais fait à Mme la du-chesse d’Orléans, ce que je pensais là-dessus, maisfaiblement, parce que la chose était faite, et quel’état où je le vis me fit plus de compassion qu’il neme laissa espérer de parti vigoureux. Je leur rendisce que j’avais appris de Maréchal, mais en suppri-mant le duc du Maine, duquel je ne parlai quel’après-dinée tète à tète à M. le duc d’Orléans. Lelendemain, je sus par lui que le roi lui avait ditsèchement qu’il avait changé d’avis sur Humbert ;qu’il était inutile qu’il allât se remettre à la Bastille,et qu’il n’y serait pas reçu ; qu’ayant voulu insister,le roi lui avait tourné le dos , et s’en était allé danssa garde-robe, et lui était sorti du cabinet; ensorte qu’il venait de mander ce changement àHumbert, que nous sûmes après être allé à la Bas-tille, sur l’ordre qu’il en avait reçu de M. le ducd’Orléans , et y avoir été refusé.
De ces jours-là du premier éclat à Marly et dans