ET SA COUR.
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de la délicatesse. 11 dînait et soupait à fond tousles jours, faisait très-grande chère et très-délicate,toujours avec bonne compagnie soir et matin ,mangeait de tout, gras et maigre, sans nul sortede choix que son goût, ni déménagement; pre-nait du chocolat le matin, et avait toujours surquelque table des fruits dans leur saison, des piè-ces de four dans d’autres temps, de la bière, ducidre.de la limonade, d’autres liqueurs pareilles àla glace, et, allant et venant, en mangeait et en bu-vait toutes les après-dinées , et exhortait les autresà en faire autant ; il sortait de table le soir au fruit,et s’allait coucher tout de suite. Je me souviensqu’une fois entre bien d’autres, il mangea chezmoi, après cette maladie, tant de poisson, de lé-gumes et de toutes sortes de choses sans pouvoirl’en empêcher, que nous envoyâmes le soir chezlui savoir doucement s’il ne s’en était point forte-ment senti : on le trouva à table, qui mangeait debon appétit. La galanterie lui dura fort longtemps.*Mademoiselle en fut jalouse , cela les brouilla àplusieurs reprises. J’ai ouï dire à Mme de Fonte-nilles, femme très-aimable, de beaucoup d’esprit,très-vraie et d’une singulière vertu, depuis un très-grand nombre d’années, qu’étant à Eu avec Made-moiselle , M. de Lauzun y vint passer quelquetemps, et ne put s’empêcher d’y courir des fdles ;Mademoiselle le sut, s’emporta, l’égratigna et le