ET SA COUR.
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propos ampoulés, se réservant toujours des moyensde s’attribuer tout le succès, et de jeter les mauvaissur les exécuteurs.
Parvenu au suprême honneur militaire, il crai-gnait d’en abuser à son malheur ; il en voyait desexemples. 11 voulut conserver la verdeur des lau-riers qu’il avait dérobés par la main de la fortune,et se réserver ainsi l’opinion de faire la ressourcedes malheurs ou des fautes des autres généraux.Les intrigues ne lui étaient pas inconnues; il savaitprendre le roi par l’adoration , et se conserverMme de Maintenon, par un abandon à ses volontés,sans réserve et sans répugnance ; il sut se servir ducabinet dont elle lui avait ouvert la porte; il y mé-nagea les valets les plus accrédités; hardiesse au-près du roi, souplesse et bassesse avec cet intérieur,adresse avec les ministres, et porté par Chamillarî,dévoué à Mme de Maintenon : cette conduite suivieen présence, et suppléée par lettres, il se la crutplus utile que les hasards des événements de laguerre, comme aussi plus sûre. 11 osa dès lorsprétendre aux plus grands honneurs où les souter-rains conduisent mieux qu’un autre chemin, quandon est arrivé à persuader les distributeurs qu’onen est susceptible. Je ne puis mieux finir ce troplong portrait, où je crois pourtant n’avoir rien ditd’inutile, et dans lequel j’ai scrupuleusement res-pecté le joug de la vérité; je ne puis, dis-je, l’a-