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LOUIS XIV
qui était à Blaye avec ma mère, contre Sourdis quicommandait en chef en Guyenne, et que Louvoisavait inutilement soutenu. Ce nonobstant, je fusconseillé de l’aller remercier, et j’en reçus autantde compliments et de politesses que s’il avait bienservi mon père. Ainsi va la cour. Je ne lui avaisjamais parlé. Sortant le même jour du dîner duroi, je le rencontrai au fond d’une très-petite piècequi est entre la grande salle des gardes et ce grandsalon qui donne sur la petite cour des princes,M. de Marsan lui parlait, et il allait travailler chezMme de Maintenon avec le foi, qui devait se pro-mener après dans les jardins de Versailles à pied,où les gens de la cour avaient la liberté de le sui-vre. Sur les quatre heures après midi du mêmejour, j’allai chez Mme de Cliâleauneuf, où j’apprisqu’il s’était trouvé un peu mal chez Mme de Main-tenon , que le roi l’avait forcé de s’en aller, qu’ilétait retourné à pied chez lui, où le mal avait su-bitement augmenté ; qu’on s’était hâté de lui don-ner un lavement qu’il avait rendu aussitôt, et qu’ilétait mort en le rendant, et demandant son fds Bar-bésieux, qu’il n’eut pas le temps de voir, quoiquecelui-ci accourût de sa chambre.
On peut juger de la surprise de toute la cour.Quoique je n’eusse guère que quinze ans, je voulusvoir la contenance du roi à un événement de cettequalité. J’allai l’attendre, et le suivis toute sa pro-