ET SA COUR.
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leur vie. Avec tant de véhicules, celui de Saint-Cyrsurtout et la protection de Mme de Mainlenon quise faisait un si grand intérêt d’avoir un contrôleurgénéral tout à fait à elle, ce choix ne fut pas un in-stant balancé, et le roi s’en applaudit publique-ment.
Il vécut dans cet emploi avec une douceur, unepatience, une affabilité qui y étaient inconnues, etqui lui gagnèrent tout ce qui avait affaire à lui. Il nese rebutait point des propositions les plus ineptes nides demandes les plus absurdes et les plus réitérées;son tempérament y contribuait par un flegme quine se démentait jamais, mais qui n’avait rien de re-butant : sa manière de refuser persuadait du déplai-sir qu’il en ressentait, et celle d’accorder ajoutait à lagrâce. Il était en effet extrêmement porté à obligeret à servir, et fâché et éloigné de faire la moindrepeine. Il se fit aimer passionnément des intendantsdes finances, dont ses manières émoussèrent le dé-pit de voir leur cadet devenir leur maître, et adorerde ses ennemis et des financiers. Toute la cour l’aimade même par la facilité de son accès, par sa politesseet par une infinité de services, et le roi lui marquacontinuellement une affection qui se peut dired’ami, et qui augmenta tous les jours. Sa femme etlui étaient enfants des deux sœurs. Elle était ver-tueuse et fort polie, mais elle ne savait que jouer,sans l’aimer, mais faute de savoir faire autre chose