ET SA COUR.
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dans les suites ferait l’embarras de sa famille, luirendit sa parole, refusa et dit que c’était lui-mêmequi en lui manquait, parce qu’il voulait lui en man-quer. Ce combat d’amitié et de probité dura plu-sieurs jours de part et d’autre. A la fm Chamillart,bien résolu à partager sa fortune avec son ami,l’emporta, et le mariage se fit. Il obtint pour songendre l’agrément du régiment d’infanterie deBourgogne, et, tôt après sa fortune, delà charge degrand maître des cérémonies que Blainville lui ven-dit, et le roi prit prétexte de cette charge pour faireentrer Mme Dreux dans les carrosses et mangeravec Mme la duchesse de Bourgogne.
Je ne puis quitter Chamillart sans en rapporterune action qui, pour n’être pas ici en sa placeet avoir dû être racontée plus haut, mérite den’être pas oubliée. Ce fut du temps qu’il était con-seiller au parlement, et qu’il jouait au billard avecle roi trois fois la semaine sans coucher à Ver-sailles. Cela lui rompait fort les jours et les heuressans le détourner, comme je l’ai dit, de son assi-duité au palais. Il y rapporta dans ce temps-là unprocès. Celui qui le perdit lui vint crier miséri-corde. Chamillart le laissa s’exhaler avec ce don detranquillité et de patience qu’il avait. Dans le dis-cours du complaignant, il insista fort sur une piècequi faisait le gain de son procès, et avec laquelleil ne comprenait pas encore qu’il l’eût perdu. Il