ET SA COUR.
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clans un juge, et plus encore dans un jugeaussi étroitement dans ses affaires qu’il y étaitalors.
C’était un bon et très-bonnête homme, à mainsparfaitement nettes et avec les meilleures inten-tions , poli, patient, obligeant, bon ami, ennemimédiocre, aimant l’État, mais le roi sur touteschoses, et extrêmement bien avec lui et avecMme de Maintenon, d’ailleurs très-borné, etcomme tous les gens de peu d’esprit et de lumières,très-opiniâtre, très-entêté, riant jaune avec unedouce compassion à qui opposait des raisons auxsiennes et entièrement incapable de les entendre ;par conséquent dupe en amis, en affaires et entout, et gouverné par ceux dont à divers égards ils’était fait une grande idée, ou qui avec un très-léger poids étaient fort de ses amis. Sa capacité étaitnulle, et il croyait tout savoir et en tout genre, et,cela était d’autant plus pitoyable, que cela lui étaitvenu avec ses places, et que c’était moins pré-somption que sottise, et encore moins vanité dontil n’avait aucune. Le rare est que le grand ressortde la tendre affection du roi pour lui était cette in-capacité même, il l’avouait au roi à chaque pas, etle roi se complaisait à le diriger et à l’instruire ; ensorte qu’il était jaloux de ses succès comme dessiens propres, et qu’il en excusait tout. Le mondeaussi et la cour l’excusaient de même, charmés de•34
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