ET SA COUR,
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guerre qui l’avaient si longuement fatigué , dutemps de MM. Colbert et de Louvois,ne put serésoudre à décharger Chamillart des finances. Il fitdonc de nécessité vertu; mais, à la fin, la machinesuccomba. Il lui prit des vapeurs, des éblouisse-ments, des tournoiements de tête. Tout s’y portait,il ne digérait plus. Il maigrit à vue d’œil. Toutefois,il fallait que la roue marchât sans interruption, et,dan» ces emplois, il n’y avait que lui qui pût lafaire tourner.
Il écrivit au roi une lettre pathétique pour êtredéchargé. Il ne lui dissimula rien de la triste situa-tion de ses affaires, et de l’impossibilité où leurdifficulté le mettait d’y remédier, faute de tempset de santé. Il le faisait souvenir de plusieurstemps et de plusieurs occasions où il les lui avaitexposées au vrai par des états abrégés ; il le pressaitpar les cas urgents et multipliés qui se précipi-taient les uns sur les autres, et qui chacun deman-daient un travail long, approfondi, continu, assidu,auquel, quand sa santé le lui permettrait, la multi-tude de ses occupations, toutes indispensables, nelui laissait pas une heure à s’y appliquer. Il fi-nissait que ce serait bieft mal répondre à ses bontéset à sa confiance, s’il ne lui disait franchementque tout allait périr, s’il n’y apportait ce re-mède.
Il écrivait toujours au roi à mi-marge, et le roi