ET SA COUR.
281
de son attachement à sa personne, lui avait ra-conté une grande marque qu’il lui en avait don-née : que, peu d’années avant sa mort, il lui avaitdit qu’il se sentait vieillir, qu’il arriverait peut-être plus tôt qu’il ne pensait qu’il faudrait choisirun autre confesseur ; que l’attachement qu’il avaitpour sa personne le déterminait uniquement à luidemander en grâce de le prendre dans sa compa-gnie; qu’il la connaissait; qu’elle était bien éloi-gnée de mériter tout ce qui s’est dit et écrit contreelle; mais qu’enfin il répétait qu’il la connaissait,que son attachement à sa personne et à sa conserva-tion l’engageait aie conjurer de lui accorder ce qu’illui demandait; que c’était une compagnie très-éten-due, composée de bien des sortes de gens et d’es-prits dont on ne pouvait répondre, qu’il ne fallaitpoint mettre au désespoir, et se mettre ainsi dansun hasard dont lui-même ne lui pouvait répondre ;qu’un mauvais coup était bientôt fait et n’était passans exemple. Maréchal pâlit à ce récit que lui fitle roi, et cacha le mieux qu’il put le désordre où il
9
en tomba.
Cette considération unique fît rappeler les jésui-tes par Henri IV, et les fit combler de biens. Lapyramide de Jean Châtel les mettait au désespoir ;ils trouvèrent, sous Louis XIV, Fourcy, prévôt desmarchands, capable de les écouter, et en état del’oser par le crédit de Boucherat, chancelier de