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ACTE V, SCÈNE I.
iphitas, à Euryale. — Ah! prince, que je devrai de grâces à cestratagème amoureux, s’il faut qu’il ait trouvé le secret de toucherson cœur !
euryale. — Quelque chose, seigneur, que l’on vienne de vous endire, je n’ose encore, pour moi, me flatter de ce doux espoir; maisenfin, si ce n’est pas à moi trop de témérité que d’oser aspirer al’hoùneur de votre alliance, si ma personne et mes États....
iphitas. — Prince, n’entrons point dans ces complimens. Jetrouve en vous de quoi remplir tous les souhaits d’un père; et, sivous avez le cœur de ma fille, il ne vous manque rien.
SCÈNE II. - LA PRINCESSE, IPHITAS, EURYALE, AGLANTE,CYNTHIE, MORON.
la princesse. — O ciel ! que vois-je ici?
iphitas, à Euryale. — Oui, l’honneur de votre alliance m’estd’un prix très-considérable, et je souscris aisément de tous messuffrages à la demande que vous me faites.
la princesse, à Iphitas. — Seigneur, je me jette à vos piedspour vous demander une grâce. Vous m’avez toujours témoigné unetendresse extrême, et je crois vous devoir bien plus par les bontésque vous m’avez fait voir, que par le jour que vous m’avez donné.Mais si jamais vous avez eu de l’amitié pour moi, je vous en de-mande aujourd’hui la plus sensible preuve que vous me puissiez ac-corder; c’est de n’écouter point, seigneur, la demande de ce prince,et de ne pas souffrir que la princesse Aglante soit unie avec lui.
iphitas. — Et par quelle raison, ma fille, voudrois-tu t’opposerà cette union?
la princesse. — Par la raison que je hais ce prince, et que jeveux, si je puis, traverser ses desseins.iphitas. — Tu le hais, ma fille!
la princesse. — Oui, et de tout mon cœur, je vous l’avoue.iphitas. —• Et que t’a-tril fait?la princesse. — Il m’a méprisée.iphitas. — Et comment?
la princesse. — Il ne m’a pas trouvée assez bien faite pour m’a-dresser ses vœux.
iphitas. — Et quelle offense te fait cela? Tu ne veux accepte!personne.
la princesse.— N’importe. Il me devoit aimer comme les autres,et me laisser au moins la gloire de le refuser. Sa déclaration me faitun affront; et ce m’est une honte sensible, qu’à mes yeux, et aumilieu de votre cour, il ait recherché une autre que moiiphitas. — Mais quel intérêt dois-tu prendre à lui ?la princesse. — J’en prends, seigneur, à me venger de son mé