DON JUAN.
SCENE XL — DON JUAN, SGANARELLE
don juan. — Quel homme te parloit là? Il a bien de l’air, ce mesemble, du bon Gusman de done Elviresganarelle. — C’est quelque chose aussi à peu près de cela.
DON JUAN. — Quoi! c’est lui?
sganarelle. — Lui-même.
don juan. — Et depuis quand est-il en cette ville?
sganarelle. — D’hier au soir
don juan. — Et quel sujet l’amène?
sganarelle. — Je crois que vous jugez assez ce qui le peut in-quiéter.
don juan. — Notre départ, sans doute?
sganarelle. — Le bonhomme en est tout mortifié, et m’en de-mandoit le sujet.
don juan. — Et quelle réponse as-tu faite?sganarelle. — Que vous ne m’en aviez rien dit.don juan. — Mais encore, quelle est ta pensée là-dessus?Que t’i-magines-tu de cette affaire?
sganarelle. — Moi? Je crois, sans vous faire tort, que vous avezquelque nouvel amour en tête.don juan. — Tu le crois?
SGANARELLE. — Oui.
don juan. — Ma foi, tu ne te trompes pas, et je dois t’avouerqu’un autre objet a chassé Elvire de ma pensée.
sganarelle. — Hé ! mon Dieu ! je sais mon don Juan sur le boutdu doigt, et connois votre cœur pour le plus grand coureur dumonde ; il se plaît à se promener de liens en liens, et n’aime guèreà demeurer en place.
don juan. — Et ne trouves-tu pas, dis-moi, que j’ai raison d’enser de la sorte?
sganarelle. — Hé! monsieur....
Don juan. — Quoi? Parle.
vGanarelle. — Assurément que vous avez raison, si vous le vou-lez; on ne peut pas aller là contre. Mais, si vous ne le vouliez pasce ser oit peut-être une autre affaire.
don juan. — Hé bien! je te donne la liberté de parler, et de medire tes sentimens.
sganarelle. — En ce cas, monsieur, je vous dirai franchementque je n’approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilaind’aimer de tous côtés comme vous faites.
don juan. Quoi ! tu veux qu’on se lie à demeurer au premierobjet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’oan’ait plus d’yeux pour personne? La belle chose de vouloir se va-quer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujoum
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