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ACTE IV, SCÈNE VI.
au nom qu’on signe, qu’aux actions qu’on fait, et que je feroisplus d’état du fils d’un crocheteur, qui seroit honnête homme, quedu fils d’un monarque, qui vivroit comme vous.
don juan. — Monsieur, si vous étiez assis, vous en seriez mieuxpour parler.
don louis. — Non, insolent, je ne veux point m’asseoir, ni parlerdavantage, et je vois bien que toutes mes paroles ne font rien surton âme ; mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle estpoussée à bout par tes actions ; que je saurai, plus tôt que tu nepenses, mettre une borne à tes déréglemens, prévenir- sur toi lecourroux du ciel, et laver, car ta nunition, la honte de t’avoir faitnaître
SCÈNE vix. — xjuin JUAN, SGANABELLE.
don juan, adressant encore la parole à son père, quoiqu’il soitsorti. — Hé! mourez le plus tôt que vous pourrez, c’est le mieuxque vous puissiez faire. Il faut que chacun ait son tour, et j’enragede voir des pères qui vivent autant que leurs fils.
(Il se met dans un fauteuil.)sganarelle. — Ah! monsieur, vous avez tort.don juan, se levant. — J’ai tortlsganarelle, tremblant. —Monsieur....don juan. — J’ai tort!
sganarelle. — Oui, monsieur, vous avez tort d’avoir souffert cequ’il vous a dit, et vous le deviez mettre dehors par les épaulesA-t-on jamais rien vu de plus impertinent? Un père venir faire desremontrances à son fils, et lui dire de corriger ses actions, de seressouvenir de sa naissance , de mener une vie d’honnête homme,et cent autres sottises de pareille nature! Cela se peut-il souffrir àun homme comme vous, qui savez comme il faut vivre? J’admirevotre patience ; et, si j’avois été en votre place , je l’aurois envoyépromener. {Bas, à part.) O complaisance maudite! à quoi me ré-duis-tu?
don juan. — Me fera-t-on souper bientôt?
SCÈNE VIII. — DON JUAN, SGANARELLE, RAGOTIN.
ragotin. — Monsieur, voici une dame voilée qui vient vous parierdon juan. — Que pourroit-ce être?sganarelle. — Il faut voir.
SCÈNE EX. - DONE ELVIRE, voilée, DON JUAN, SGANARELLE.
done elvire. — Ne soyez point surpris, don Juan, de me voir àcette heure et dans cet équipage. C’est un motif prisant qui m’o-