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ACTE IV, SCENE XII.
don juan. — Oui, j’irai, accompagné du seul Sganarelle.sganarelle. — Je vous rends grâces, il est demain jeûne pourmoi.
don juan, à Sganarelle. — Prends ce flambeau.la statue. — On n’a pas besoin de lumière, quand on est con»duit par le ciel.
ACTE CINQUIÈME.
Le théâtre représente une campagne.
SCENE I. — DON LOUIS, DON JUAN, SGANARELLE.
don louis. — Quoi ! mon fils, seroit - il possible que la bonté duciel eût exaucé mes vœux? Ce que vous me dites est-il bien vrai?Ne m’abusez-vous point d’un faux espoir, et puis-je prendre quel-que assurance sur la nouveauté surprenante d’une telle conversion?
don juan. — Oui, vous me voyez revenu de toutes mes erreurs;je ne suis plus le même d’hier au soir, et le ciel, tout d’un coup,a fait en moi un changement qui va surprendre tout le monde. Ila touché mon âme et dessillé mes yeux; et je regarde avec hor-reur le long aveuglement où j’ai été , et les désordres criminels dela vie que j’ai menée. J’en repasse dans mon esprit toutes les abo-minations, et m’étonne comme le ciel les a pu souffrir si longtemps,et n’a pas vingt fois sur ma tète laissé tomber les coups de sajustice redoutable. Je vois les grâces que sa bonté m’a faites en neme punissant point de mes crimes ; et je prétends en profiter commeje dois, faire éclater aux yeux du monde un soudain changementde vie, réparer par là le scandale de mes actions passées, et m’ef-forcer d’en obtenir du ciel une pleine rémission. C’est à quoi je vaistravailler; et je vous prie, monsieur, de vouloir bien contribuer àce dessein, et de m’aider vous-même à faire choix d’une personnequi me serve de guide, et sous la conduite de qui je puisse mar-cher sûrement dans le chemin où je m’en vais entrer.
don louis. — Ah ! mon fils, que la tendresse d’un père est aisé-ment rappelée, et que les offenses d’un fils s’évanouissent vite aumoindre mot de repentir! Je ne me souviens plus déjà de tous lesdéplaisirs que vous m’avez donnés, et tout est effacé par les pa-roles que vous venez de me faire entendre. Je ne me sens pas, jel’avoue, je jette des larmes de joie ; tous mes vœux sont satisfaits,