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ACTE H, SCÈNE V.
fil- le ne puis-se mou-rir} mais au moins vous au-rez fait quel-quecho-se , et vous au-rez la con-so-la-ti-on qu’el-le sera mor-tedans les for-mes.
monsieur bahis. — Il vaut mieux mourir selon les règles, quede réchapper contre les règles.
monsieur macroton. — Nous vous di-sons sin-cè-re-ment no-trepen-sé-e.
monsieur bahis. — Et vous avons parlé comme nous parlerionsà notre propre frère.
sganarelle, à if. Macroton , en allongeant ses mots. — Je vousrends très-hum-bles grâ-ces. ( A M. Bahis, en bredouillant.) Etvous suis infiniment obligé de la peine que vous avez prise.
SCÈNE VI. — swaNARELLE, seul.
Me voilà justement un peu plus incertain que je n’étois auparavaut. Morbleu I il me vient une fantaisie. Il faut que j’aille acheterde l’orviétan, et que je lui en fasse prendre; l’orviétan est un re-mède dont beaucoup de gens se sont bien trouvés. Holà !
SCÈNE VII. — DEUXIÈME ENTRÉE. — SGANARELLE,
UN OPÉRATEUR.
sganarelle. — Monsieur, je vous prie de me donner une boîtede votre orviétan, que je m’en vais vous payer.
l'opérateur chante.
L’or de tous les climats qu’entoure i’Océan,
Peut-il jamais payer ce secret d’importance?
Mon remède guérit, par sa rare excellence,
Plus de maux qu’on n’en peut nombrer dans tout un an ;
La gale,
La rogne,
La teigne,
La fièvre,
La peste,
La goutte,
Vérole,
Descente,
Rougeole.
O grande puissanceDe l’orviétan 1
sganarelle. — Monsieur, je crois que tout l’or du monde n’estpas capable de payer votre remède; mais, pourtant, voici unepièce de trente sols que vous prendrez,.s’il vous plaît.