DE LA FÊTE DE VERSAILLES.
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Parlent aux tendres rameauxPrenez, bergers, vos musettes,
Ajustez vos chalumeaux,
Et mêlons nos chansonnettesAu chant des petits oiseaux.
Pendant que la musique charme les oreilles, les yeux sont agréa-blement occupés à voir danser plusieurs bergers' et bergères 2 , ga-lamment vêtus. Et Climène chante *
Ah! qu’il est doux, belle Sylvie,
Ah 1 qu’il est doux de s’enflammer 1Il faut retrancher de la vieCe qu’on en passe sans aimer.
CHLORIS.
Ah! les beaux jours qu’Amour nous donne,
Lorsque sa flamme unit les coeurs !
Est-il ni gloire ni couronneQui vaille ses moindres douceurs?
Tmcrs.
Qu’avec peu de raison on se plaint d’un martyre,
Que suivent de si doux plaisirs !
PHILÈNE.
Un moment de bonheur, dans l’amoureux empireRépare dix ans de soupirs.
TOUS ENSEMBLE.
Chantons tous de l’Amour le pouvoir adorable ;
Chantons tous dans ces lieuxSes attraits glorieux :
Il est le plus aimableEt le plus grand des dieux.
A ces mots, l’on vit s’approcher, du fond du théâtre, un grandrocher couvert d’arbres, sur lequel étoit assise toute la troupe deBacchus, composée de quarante Satyres. L’un d’eux â , s’avançant à latête, chanta fièrement ces paroles :
Arrête? : c’est trop entreprendre.
Un autre dieu, dont nous suivons les lois,
S’oppose à cet honneur qu’à l’Amour osent rendreVos musettes et vos voix :
A des titres si beaux Bacchus seul peut prétendre;
Et nous sommes ici pour défendre ses droits
K . Chicaneau, Saint-André, La Pierre, Favier.
2. Bonard, Arnold, Noblet, Foignard.
3. D’Estival.