DE LA FÊTE DE VERSAILLES.
*3
LE PARTI DE L’AMOUR.
Aimables fers!
LE PARTI DE BACCHÜS.
Douce victoire !
LE PARTI DE L’AMOUR.
Ab ! quel plaisir d’aimer !
LE PARTI DE BACCHUS.
Ah! quel plaisir de boire 1
LES DEUX PARTIS.
Non, non, c’est un abus.
Le plus grand dieu de tous....
LE PARTI DE L’AMOUR
C’est l’Amour
LE PARTI DE BACCHUS.
C’est Bacchus.
Un berger* arrive, qui se jette au milieu des deux partis pour lesséparer, et leur chante ces vers :
C’est trop, c’est trop, bergers. Eh! pourquoi ces débats?
Souffrons qu’en un parti la raison nous assemble.
L’Amour a des douceurs, Bacchus a des appas :
Ce sont deux déités qui sont fort bien ensemble :
Ne les séparons pas,
LES DEUX CHŒURS.
Mêlons donc leurs douceurs aimables,
Mêlons nos voix dans ces lieux agréables,
Et faisons répéter aux échos d’alentour,
Qu’il n’est rien de plus doux que Bacchus et l'Amour.
Tous les danseurs se mêlent ensemble, et l’on voit parmi les ber-gers et les bergères quatre des suivans de Bacchus 2 , avec desthyrses, et quatre Bacchantes 3 avec des espèces de tambours debasque, qui représentent des cribles qu’elles portoit anciennementaux fêtes de Bacchus. De ces thyrses, les suivans frappent sur lescribles des Bacchantes, et font différentes postures, pendant que lesbergers et les bergères dansent plus sérieusement.
On peut dire que, dans cet ouvrage, le sieur de Lulli a trouvéle secret de satisfaire et de charmer tout le monde ; car jamais il’l’y a rien eu de si beau et de mieux inventé. Si l’on regarde lesdanses, il n’y a point de pas qui ne marque l’action que les dan-seurs doivent faire, et dont les gestes ne soient autant de parolesqui se fassent entendre. Si l’on regarde la musique, il n’y a rien
4. Le Gros.
2. Beaucliamp, Dolivet, Chicaneau, Mayeu.
3. Paysan Manceau, Le Roy, Pesan.