POESIES DIVERSES.
Veulent un grand génie à toucher ses beautés.
De l’autre, qu’on connoît, la traitable méthodeAux foiblesses d’un peintre aisément s’accommode :
La paresse de l’huile, allant avec lenteur,
Du plus tardif génie attend la pesanteur ;
Elle sait secourir, par le temps qu’elle donne.
Les faux pas que peut faire un pinceau qui tâtonne,
Et sur cette peinture on peut, pour faire mieux.
Revenir, quand on veut, avec de nouveaux yeux.
Cette commodité de retoucher l’ouvrageAux peintres chancelans est un grand avantage ;
Et ce qu’on ne fait pas en vingt fois qu’on reprend,
On le peut faire en trente, on le peut faire en cent.
Mais la fresque est pressante, et veut, sans complaisance,Qu’un peintre s’accommode à son impatience,
La traite à sa manière, et, d’un travail soudain,
Saisisse le moment qu’elle donne à sa main.
La sévère rigueur de ce moment qui passeAux erreurs d’un pinceau ne fait aucune grâceAvec elle il n’est point de retour à tenter,
Et tout, au premier coup, se doit exécuter.
Elle veut un esprit où se rencontre unieLa pleine connoissance avec le grand génie,
Secouru d’une main propre à le seconder,
Et maltresse de l’art jusqu’à le gourmander,
Une main prompte à suivre un b*au feu qui la guide,
Et dont, comme un éclair, la justesse rapideRépande dans ses fonds, à grands traits non tâtés,
De ses expressions les touchantes beautés.
C’est par là que la fresque, éclatante de gloire,
Sur les honneurs de l’autre emporte la victoire,
Et que tous les savans, en juges délicats.
Donnent la préférence à ses mâles appas.
Cent doctes mains chez elle ont cherché la louange ;
Et Jules, Annibal, Raphaël, Michel-Ange,
Les Mignards de leur siècle, en illustres rivaux,
Ont voulu par la fresque ennoblir leurs travaux.
Nous la voyons ici doctement revêtueDe tous les grands attraits qui surprennent la vue.
Jamais rien de pareil n’a paru dans ces lieux ;
Et la belle inconnue a frappé tous les yeux.
Elle a non-seulement, par ses grâces fertiles,
Charmé du grand Paris les connoisseurs habiles,
Et touché de la cour le beau monde savant ;
Ses miracles encore ont passé nlus avantM014ÈR.& ni
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