TRENTIÈME LEÇON.
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TRENTIÈME LEÇON.
Résumé général de ce cours. — Etendue et variété des matières. — L’histoire de la civilisation est à ce prix. — Elle résultede toutes les histoires spéciales. — Unité et variété de la vie d’un peuple. — Trois éléments essentiels de la civilisationfrançaise, l’antiquité gréco-romaine, le christianisme, la Germanie. — 1° De l’élément romain, du v« au xe siècle. — Sousle point de vue social. — Sous le point de vue intellectuel. — 2o De l’élément chrétien, du v« au xe siècle. — Sous le point devue social. — Sous le point de vue intellectuel. — 3o de l’élément germain, du v e au xe siècle. — Sous le point de vue social.— Sous le point de vue intellectuel. — Deux faits principaux caractérisent cette époque : — lo La prolongation plus oumoins apparente, mais partout réelle, de la société romaine et de son influence. — 2° La fermentation désordonnée etindéterminée des divers éléments de la civilisation moderne. — Conclusion.
Messieurs,
Nous sommes arrivés au terme de ce cours. Jevoudrais aujourd’hui en retracer l’ensemble et met-tre en saillie les faits principaux, dominants, quime paraissent en résulter, et qui caractérisent, pen-dant cette longue époque, l’histoire de notre civili-sation.
J’ai mis sous vos yeux, en commençant, le tableaude la Gaule avant l’invasion germanique, à la findu iv' et au commencement du v' siècle, sous l’admi-nistration romaine : nous en avons étudié l’état so-cial et l’état intellectuel, dans la société civile etdans la société religieuse (1).
La Gaule romaine ainsi connue, je vous ai trans-portés au delà du Rhin ; j’ai appelé vos regards surla Germanie, aussi avant l’invasion, dans l’origina-lité de ses institutions et de ses mœurs (2).
Les Germains entrés en Gaule, nous avons exa-miné quels avaient été les résultats, soit immédiats,soit probables, de ce premier contact de la sociétéromaine et de la société barbare; j’ai essayé de vousfaire assister au spectacle de leur brusque et violentrapprochement (3).
Du vi' siècle au milieu du vm', nous avons suivil’amalgame progressif des deux sociétés. Dansl’ordre civil, nous avons vu naître les lois barbares,et se perpétuer la loi romaine ; je me suis appliquéà faire bien connaître le caractère, en général malcompris, à mon avis, de ces premiers rudiments de
(4) Leçons 2e-6« ; p. 458-480.
(2) Leçon 7e ; p. 488.
(3) Leçon 8e ; p. 498.
(4) Leçons ; p. 206-222.
la législation moderne (4). Nous avons passé de làà la société religieuse; et en la considérant dansson double élément, les prêtres et les moines, leclergé séculier et le clergé régulier, nous noussommes rendu compte et de ses rapports avec lasociété civile, et de son organisation propre, inté-rieure (3).
Telle a été notre marche, du vi' au vm' siècle,dans l’histoire de l’état social ; mais nous avionsaussi à étudier l’état intellectuel de la Gaule-Fran-que à la même époque ; nous l’avons cherché dansla littérature profane et dans la littérature sacrée;nous avons essayé de démêler leur caractère dis-tinctif et leur influence réciproque (6).
Nous sommes ainsi arrivés à la grande crise quisignale le milieu du vm' siècle, à la chute des roismérovingiens, et à l’avénement des Carlovingiens;j’ai tenté de caractériser cette révolution et d’en as-signer les véritables causes (7).
La révolution carlovingienne une fois bien com-prise, le règne de Charlemagne nous a spécialementoccupés; je l’ai considéré dans les événements pro-prement dits, dans ses lois, dans son action sur lesesprits. J’ai désiré surtout bien distinguer ce qu’ilavait tenté et ce qu’il avait effectivement accom-pli, ce qui avait péri avec lui et ce qui lui avait sur-vécu (8).
Charlemagne mort, la rapide dissolution de sonvaste empire nous a frappés ; nous avons tâché denous en rendre compte, de bien connaître soit la
(5) Leçons 42c-45e ; p. 229-256.
(6) Leçons 46«-48e ; p. 263-279.
(7) Leçon 19e; p. 289.
(8) Leçon» 2Q«-23e ; p. 298-329.