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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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PREUVES ET DÉVELOPPEMENTS HISTORIQUES.

621

II.

ORLÉANS.

Quoique jaie déjà indiqué (I) la nature et les ef-fets des chartes accordées à la ville dOrléans, de1037 à 1281, je crois devoir en donner ici le textecomplet. On y verra de quels importants privilègespouyail jouir une ville qui navait pas été formelle-ment érigée en commune et ne possédait point dejuridiction indépendante. Ces chartes révèlent aussitoute la confusion de létat social à cette époque,et combien laction dun pouvoir supérieur était né-cessaire pour y faire pénétrer quelques règles géné-rales et permanentes.

I.

HENRI I". 1037.

« Au nom du Christ, moi Henri, par la grâce deDieu, roi des Français, je veux quil soit connu àtous les fidèles de la sainte Église de Dieu, tantprésents que futurs, quIsembard, évêque dOr-léans, avec le clergé et le peuple à lui commis, estvenu vers notre Sérénité, portant plainte à raisondune coutume injuste qui semblait être dans cetteville, au sujet de la garde des portes, lesquellesétaient gardées et fermées aux citoyens, au tempsde la vendange, et aussi à raison dune inique exac-tion de vin que faisaient nos officiers; nous sup-pliant instamment et humblement que, pour lamourde Dieu et pour le salut de notre âme et de lâmede nos pères, il nous plût remettre à perpétuité, àla sainte Eglise de Dieu, à lui, au clergé et aupeuple, cette coutume injuste et impie. Cédant avecfaveur à ladite demande, jai remis à perpétuité, àDieu, audit évêque, au clergé et au peuple, la sus-dite coutume et exaction; en telle sorte quil ny aitplus, à lavenir, aucuns gardes, et que les portesne soient point fermées, comme cétait lusage,pendant tout ce temps-, et quon nexige de per-sonne et nenlève à personne son vin; mais que tousaient libre entrée et sortie, et quà chacun soit con-servé ce qui lui appartient, selon le droit civil etléquité. Et afin que cette concession demeure ferme

(4) Leçon 47e, p. 588 et suiv.

(2) Recueil des Ordonnances , etc., t. p, i.

(5) Æwjrifyfmfnf, perle , dommage.

et stable à toujours, nous voulons quil soit fait leprésent témoignage de notre autorité, et nous lavonsconfirmé de notre sceau et de notre anneau. Ontapposé leur sceau Isembard, évêque dOrléans;Henri, roi; Gervais, archevêque de Reims; HuguesBardoulf; Hugues, boutei lier ; Henri de Ferrières;Mallbert, prévôt; Hervé, voyer; Herbert, sous-voyer;Gislebert, échanson; Jordan, sommelier. Baudouin,chancelier, a souscrit. Donné publiquement à Or-léans, le sixième jour avant les nones doctobre,lan de lIncarnation du Seigneur 1037, et du roiHenri le vingt-septième (2). »

II.

LOUIS VIL1137.

« Ou nom de Dieu, je Loys, par la grâce de Dieu,rois des Franceis et dux dAquitanie, fesons à sa-voir à ceux qui sunt à venir, comme à ceux quiores sunt, que nous à nos borjois dOrliens, pourlengriègemant (3) de la cité oster, ycetes coutumesqui sunt cy-après escriptes, leur donasmes et leurotroiasmes.

» 1° La monoie dOrliens, qui en la mort denostre père duroit et couroit, en trestoute notre viene muera, ne ne ferons que elle soit muée nechangiée.

» 2° Ou tiers an par (4) la raançon de celle mo-noye, de chacun muy de vin et de blé de yver deuxdenières, et de chacun mui de marcesche (3), da-voine ou dautre blé de mars, un denier, aussinlcomme lon fesoit ou tans nostre père, prandrons.

» 3° Auctorité establismes nous que li prevost,ne nostre sergent, aucun des borjois par devantnous ne semondra, si ce nest pas nostre comman-dement ou par nostre séneschal.

» A" Quiconque des borjois par nostre semoncevendra à nostre cour, ou por forfet, ou por aucunecause que nous laurons fel semondre, se il ne vientfere nostre gré, ou ne porra, nous ne le retien-drons mie, se il nest pris ou prasent forfet (6),

{i) Pour.

(S) Menus grains semés en mars,

(G) En flagrant défit.