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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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LES FRÈRES ENNEMIS.

Adieu. Nous ne faisons tous deux que nous gêner :Je veux pleurer, Créon; et vous voulez régner.

créon, arrêtant Antigone.

Ah madame! régnez, et montez sur le trône :

Ce liant rang n’appartient qu’à l’illustre Antigone.

ANTIGONE.

11 me tarde déjà que vous ne l’occupiez.

La couronne est à vous.

CRÉON.

Je la mets à vos pieds.

ANTIGONE.

Je la refuserais de la main des dieux même;

Et vous osez, Créon, m’offrir le diadème!

CRÉON.

Je sais que ce haut rang n’a rien de glorieuxQui ne cède à l’honneur de l’offrir à vos yeux.

D’un si noble destin je me connais indigne :

Mais si l’on peut prétendre à cette gloire insigne,

Si par d’illustres faits on la peut mériter,

Que faut-il faire enfin , madame?

ANTIGONE.

M’imiter.

CRÉON.

Que ne ferais-je point pour une telle grâce !Ordonnez seulement ce qu’il faut «pie je fasse :

Je suis prêt...

amtgone, en s'en allant.

Nous verrons.

créon, la suivant.

J’attends vos lois ici.

* Antigone, en s’en allant.

Attendez.

SCÈNE IV.

CRÉON, ATTALK, gardes.

ATTAI.E.

Son courroux serait-il adouci?Croyez-vous la lléchir?

CRÉON.

' ' Oui, oui, mon cher Attale