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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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MITHRIDATE.

Et nous l’avons vu môme à ses cruels soupçonsSacrifier deux iils pour de moindres raisons.

Craignons pour vous, pour moi, pour la reine elle-mêmeJe la plains d’autant plus que Mitliridate l’aime :

Amant avec transport, mais jaloux sans retour,

Sa haine va toujours plus loin que son amour.

Ne vous assurez point sur l’amour qu’il vous porte :

Sa jalouse fureur n’en sera que plus forte.

Songez-y. Vous avez la faveur des soldats,

Et j’aurai des secours que je n’explique pas.

M’en croirez-vous? courons assurer notre grâce :Rendons-nous, vous et moi, maîtres de cette place;

Et faisons qu’à ses fds il ne puisse dicterQue les conditions qu’ils voudront accepter.

XII'UARi.S.

Je sais quel est mon crime, et je connais mon père;

Et j’ai par-dessus vous le crime de ma mère :

Mais, quelque amour encor qui me pôt éblouir,

Quand mon père paraît je ne sais qu’obéir.

piiaunacf..

Soyons-nous donc au moins fidèles l’un à l’autre :

Vous savez mon secret; j’ai pénétré le vôtre.

Le roi, toujours fertile en dangereux détours,

S’armera contre nous de nos moindres discours :

Vous savez sa coutume, et sous quelles tendressesSa haine sait cacher ses trompeuses adresses.

Allons, puisqu’il le faut, je marche sur vos pas ;

Mais en obéissant 11e nous trahissons pas.

ACTE DEUXIÈME.

SCÈNE I.

MON 1 ME, PHŒDIME.

PIlOKimiK.

Quoi ! vous ôtes ici quand Mitliridate arrive !Quand, pour le recevoir, chacun court sur la rive!Que faites-vous, madame? et quel ressouvenir