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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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ACTE IV, SCÈNE il. A(M,

MON IMG.

Qu’entends-je? On me disait... Hélas! ils m’ont trahie.

XII'IlMiKS.

]\tadame, je ne sais <|ael ennemi couvert,

Révélant nos secrets, vous trahit, et me perd.

Mais le roi, qui tantôt n’en croyait point Pharnace,.Maintenant dans nos cœurs sait tout ce qui se passe.

Il feint, il me caresse, et cache son dessein :

Ma : s moi, qui, dès l’enfance élevé dans son sein,

De tous ses mouvements ai trop d’intelligence,

J’ai lu dans ses regards sa prochaine vengeance.-II presse, il fait partir tous ceux dont mon malheurPourrait a la révolte exciter la douleur.

De ses fausses bontés j’ai connu la contrainte,l’n mot môme d’Arbate a confirmé ma crainte :

Il a su m’aborder; et, les larmes aux yeux,

« On sait tout, m’a-t-il dit; sauvez-vous de ces lieux ! »Ce mot m’a fait frémir du péril de ma reine;

Et ce cher intérêt est le seul qui m’amène.

Je vous crains pour vous-même, et je viens à genouxVous prier, ma princesse, et vous fléchir pour vous.

Vous dépendez ici d’une main violenteQue le sang le plus cher rarement épouvante;

Et je n’ose vous dire à quelle cruautéMitliridate jaloux s’est souvent emporté.

Peut-être c’est moi seul que sa fureur menace ;

Peut-être, en me perdant, il veut vous faire grâce :Daignez, au nom des dieux, daignez en profiter;

Par de nouveaux refus n’allez point l’irriter.

Moins vous l’aimez, et plus tâchez de lui complaire;Peignez ; efforcez-vous : songez qu’il est mon père.

Vivez; et permettez que dans tous mes malheursJe puisse à votre amour ne coûter que des pleurs.

MOlNIMK.

Ah ! je vous ai perdu !

XIPIIARKS.

Généreuse Monime,

Ne vous imputez point le malheur qui m’opprime.

Votre seule bonté n’est point ce qui me nuit :

Je suis un malheureux que le destin poursuit ;

C’est lui qui m’a ravi l’amitié de mon père,