M1THR1DATE.
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Et le tombeau, seigneur, est moins triste pour moiQue le lit d’un époux qui m’a fait cet outrage,
Qui s’est acquis sur moi ce cruel avantage,
Et qui, me préparant un éternel ennui,
M’a fait rougir d’un feu qui n’était pas pour lui.
MITIUUDATE
C’est donc votre réponse? et, sans plus me complaire,Vous refusez l’honneur que je voulais vous faire?Pensez-y bien. J’attends pour me déterminer.
MOMME.
Non, seigneur, vainement vous croyez m’étonner.
Je vous connais; je sais tout ce que je m’apprête,
Et je vois quels malheurs j’assemble sur ma tête :.Mais le dessein est pris; rien ne peut m’ébranler.Jugez-en, puisqu’ainsi je vous ose parler,
Et m’emporte au delà de cette modestieDont jusqu’à ce moment je n’étais point sortie.
Vous vous êtes servi de ma funeste main
Pour mettre à votre tils un poignard dans le sein :
De ses feux innocents j’ai trahi le mystère;
Et, quand il n’en perdrait que l’amour de son père,
Il en mourra, seigneur. Ma foi ni mon amourNe seront point le prix d’un si cruel détour.
Après cela, jugez. Perdez une rebelle;
Armez-vous du pouvoir qu’on vous donna sur elle :J'attendrai mon arrêt ; vous pouvez commander.
Tout ce qu’en vous quittant j’ose vous demander,Croyez (à la vertu je dois cette justice)
Que je vous trahis seule, et n’ai point de complice;
Et que d’un plein succès vos vœux seraient suivisSi j’en croyais, seigneur, les vœux de votre fils.
SCÈNE V.
MITIIR1DATE.
Elle me quitte ! Et moi, dans un lâche silence,
Je semble de sa fuite approuver l’insolence !
Peut s’en faut que mon cœur, penchant de son côté,Ne me condamne encor de trop de cruauté !
Qui suisse? Est-ce Monime? et suis-je Mithridale?