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ACTE II, SCÈNE HT.
Puisque j’ai commencé (le rompre le silence,
Madame, il faut poursuivre; il faut vous informerD’un secret que mon cœur ne peut plus renfermer.
Vous voyez devant vous un prince déplorable,
D’un téméraire orgueil exemple mémorable :
Moi qui, contre l’amour fièrement révolté,
Aux' fers de ses captifs ai long-temps insulté ;
Qui, des faibles mortels déplorant les naufrages,Pensais toujours du bord contempler les orages :Asservi maintenant sous la commune loi,
Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi !
Un moment a vaincu mon audace imprudente :
Cette âme si superbe est enfin dépendante.
Depuis près de six mois, honteux , désespéré,
Portant partout le trait dont je suis déchiré,
Contre vous, contre moi, vainement je m’éprouve :Présente, je vous fuis ; absente, je vous trouve ;
Dans le fond des forêts votre image me suit ;
La lumière du jour, les ombres de la nuit,
Tout retrace à mes yeux les charmes que j’évite ;
Tout vous livre à l’envi le rebelle Hippolyte.Moi-même, pour tout fruit de mes soins superflus,Maintenant je me cherche, et ne me trouve plus :
Mon arc, mes javelots, mon char, tout m’importune;Je ne me souviens plus des leçons de Neptune;
Mes seuls gémissements font retentir les bois,
Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.
Peut-être le récit d’un amour si sauvageVous fait, en m’écoutant, rougir de votre ouvrage.D’un cœur qui s’offre à vous quel farouche entretien !Quel étrange captif pour un si beau lien !
Mais l’offrande à vos yeux en doit être plus chère :Songez que je vous parle une langue étrangère ;
Et ne rejetez pas des vœux mal exprimés,Qu’Hippolyte sans vous n’aurait jamais formés.
SCÈNE III.
HIPPOLYTE, ARICIE, THÉRAMÈNE, ISMÈNE.
TIIKRAMKNE.
Seigneur, la reine vient, et je l’ai devancée :
Elle vous cherche.- ,