ACTE TI, SCÈNE ITT.
ASAPII.
On lui promit beaucoup : c’est tout ce que j’ai su.
ASSUÉRUS
O d’un si grand service oubli trop condamnable !Des embarras du trône effet inévitable!
De soins tumultueux un prince environnéVers de nouveaux objets est sans cesse entraîné ;L’avenir l’inquiète, et le présent le frappe :
Mais plus prompt que l’éclair le passé nous échappeEt, de tant de mortels "à toute heure empressésA nous faire valoir leurs soins intéressés,
11 ne s’en trouve point qui, touchés d’un vrai zèle,Prennent à notre gloire un intérêt fidèle,
Du mérite oublié nous fassent souvenir,
Trop prompts à nous parler de cé qu’il faut punir.Ab! que plutôt l’injure échappe à ma vengeance,Qu’un si rare bienfait à ma reconnaissance !
Et qui voudrait jamais s’exposer pour son roi?
Ce mortel qui montra tant de zèle pour moiYit-il encore?
ASAPH.
Il voit l’astre qui vous éclaire.
. Assurâtes.
Et que n’a-t-il plutôt demandé son salaire ?
Quel pays reculé le cache à mes bienfaits?.
ASAPII.
Assis le plus souvent aux portes du palais ,Sans se plaindre de vous ni de sa destinée,
Il y traîne, seigneur, sa vie infortunée.
Asseéuus.
Et je dois d’autant moins oublier la vertu,Qu’elle-même s’oublie. 11 se nomme, dis-tu?
asapu:
Mardochée est le nom que je viens de vous lire;
Et son pays?
AssuÉaus.
ASAPII.
Seigneur, puisqu’il faut vous le dire,C’est un de ces captifs à périr destinés,
Des rives du Jourdain sur l’Euphrate amenés