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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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AT11AL1E.

Jura d'exterminer Acliab et Jézabel;

Dieu, qui, frappant Jorani b; mari de leur iille,

A jusque sur son fils poursuivi leur famille;

Dieu, dont le bras vengeur, pour un temps suspendSur cette race impie est toujours étendu ?

JOSAISET.

Et c’est sur tous ces rois sa justice sévère

Que je crains pour le fils de mon malheureux frère.

Qui sait si cet enfant, par leur crime entraîné,

Avec eux en naissant ne fut pas condamné ?

Si Dieu, le séparant d’une odieuse race,

En faveur de David voudra lui faire grâce?

Hélas! l’état horrible oit le ciel rue l’offritRevient à tout moment effrayer mon esprit.

De princes égorgés la chambre était remplie :

Un poignard à la main, l’implacable AthalieAu carnage animait ses barbares soldats,

Et poursuivait le cours de ses assassinats.

Joas., laissé pour mort, frappa soudain ma vue :

Je me ligure encor sa nourrice éperdue,

Qui devant les bourreaux s’était jetée en vain,

Et, faible, le tenait renversé sur son sein.

Je le pris tout sanglant. En baignant son visage,Mes pleurs du sentiment lui rendirent l’usage,

Et, soit frayeur encore, Ou pour me caresser,

De ses bras innocents je me sentis presser.

Grand Dieu, que mon amour ne lui soit point funestiDu fidèle David c’est le précieux reste :

Nourrrdans ta maison, en l’amour de ta loi,

Il lie connaît encor d’autre père que toi.

Sur le point d’attaquer une reine homicide,

A l’aspect du péril si ma foi s’intimide,

Si la chair et le sang, se troublant aujourd’hui,

Ont trop de part aux pleurs que je répands pour lui,Conserve l’héritier de tes saintes promesses,

'Et ne punis (pie moi de foutes mes faiblesses !

JOAI).

Vos larmes, Josabet, n’ont rien de criminel :

Mais Dieu veut qu’on espère en son sein paternel.

11 ne recherche'point, aveugle en sa colère,

Sur le (ils qui le crijint. l’impiété du père.