M. BALLANCHE.
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ration intermédiaire, furent ajournés ou interceptés;les meilleurs ne s’en relevèrent, après quinze ans, qu’àdemi. Seuls, les génies hors de ligne de M. de Chateau-briand et de madame de Staël ne ressentirent nulleatteinte et ne subirent pas de déviation.
M. Ballanche, qui, de compagnie avec son père,s’occupait de réimpressions d’ouvrages classiques etreligieux, d’une édition de la Poésie sacrée clés Hébreuxde Lowth, vint à Paris en 1801 ou 1802, quelquesmois après la publication du Sentiment. Il alla voir toutaussitôt M. de Chateaubriand dont le Génie du, Chris-tianisme avait paru, et il lui proposa de donner uneBible française avec des discours. Les discours devaientêtre de M. de Chateaubriand, et dans le texte français,qui aurait été en gros celui de M. de Saci, M. Bal-lanche aurait infusé tous les passages des Écrituresqui se trouvaient traduits par Bossuet et autres grandsécrivains sacrés : « Car, ainsi qu’il l’a remarqué depuisdans les Institutions sociales, Bossuet, ce dernier Pèrede l’Église, a une merveilleuse facilité à s’approprierles textes sacrés et à les fondre tout à fait dans sondiscours qui n’en éprouve aucune espèce de trouble,tant il paraît dominé par la même inspiration. » Ceprojet n’eut pas de suite, quoique M. de Chateaubriandait commencé quelque chose des discours; mais il seforma du moins à ce sujet, entre le grand poète etM. Ballanche, une première liaison qui ne lit plus tard
des articles sur Antigone (voir au tonie I 1 ’ 1 ' de ses Mélanges de Lit-térature et de Critique, page 207).