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PORTRAITS CONTEMPORAINS.
comme lui, Benjamin Constant, commençait la religionpar le fétichisme.
M. Ballanche est peut-être l’homme de ce temps-ciqui a eu à la fois le plus d’unité et de spontanéité danssort développement. Sans varier jamais autrement quepour s’élargir autour du même centre, il a touchéde côté beaucoup de systèmes contemporains et, pourainsi dire, collatéraux du sien; il en a été informéplutôt qu’affecté, il a continué de tirer tout de lui-même. La doctrine de Saint-Martin semble assurémenttrès-voisine de lui, et pourtant, au lieu d’en être aussiimbu qu’on pourrait croire, il ne l’a que peu goûtée etconnue. Je remarque seulement dans les Prolégomènesle magisme de la parole, le magisme de l’homme sur lanature, expressions qui doivent être empruntées aumystérieux théosophe. Il a emprunté davantage àCharles Bonnet, à savoir le nom même et l’idée de lapalingènèsie, de cette interminable et ascendante échelledes existences progressives ; mais il - s’en est appropriéla vue en la transportant dans l’histoire, tandis quel’illustre Genevois ne l’avait que pour l’ordre purementnaturel. M. Ballanche connut de bonne heure à LyonFourier, auteur des Quatre Mouvements; mais il entrapeu dans les théories et les promesses de ce singulierouvrage, publié en 1808 ; aujourd’hui il se contented’accorder à l’auteur une grande importance critiqueen économie industrielle, et de penser avec lui en destermes généraux que l’homme a pour mission terrestred 'achever le globe. 11 lut les Neuf Livres de Coëssindès 1809, et dans un voyage qu’il lit à Paris, il visita