M""' DESBORDES-VALMORE.
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Marceline Desbordes est née à Douai le 20 juin 1786,trois ans avant cette révolution qui, par contre-coup,allait ruiner son humble famille. Son père, peintre etdoreur en blason et en ornements d’église, fut double-ment atteint, comme on le peut croire, par la doublesuppression qui décolorait l’autel et le trône. La jeuneMarceline reçut de ces circonstances premières denaissance et d’enfance toutes sortes d’empreintes etde signes qui décidèrent de sa sensibilité et donnèrentla nuance profonde à son talent. Au-dessus de la porteétroite de la chère maison que ses poésies nous onttant de fois rouverte, se voyait une petite madone dansune niche. La jeune enfant est née et a vécu sous cetteperpétuelle invocation.
La maison touchait au cimetière de la paroisse deNotre-Dame, et prenait de ce voisinage un caractèrereligieux, austère ; un grand calvaire à côté dominaitles humbles croix et les gazons. L’enfant passa sesjeunes années à jouer sous le calvaire et sur lestombes.
Ce furent ses Feuillantines à elle; elle y puisa toutesles crédules et pieuses terreurs, toutes les poétiquessuperstitions (1). Il est à remarquer qu’elle et VictorHugo entrèrent sous l’aile de la muse avec je ne saisquelle secrète influence espagnole, l’un né à Besançon,l’autre à Douai, deux cités françaises très-marquées dece caractère étranger ; mais elle, son talent ne portait
(t) Il faut lire, dans le roman de l’Atelier d’un Peintre, le cha-pitre intitulé le Nid d'Hirondelles,