JULES LEFÈVRE.
Confidences, poésies, 1833.
Si ce volume, qui ne doit pas contenir moins de sixmille vers, tombait aux mains de lecteurs qui aimentpeu les vers, et ceux d’amour en particulier ; si, d’aprèsla façon austère et assez farouche qui essaye de s’intro-duire, on se mettait aussitôt à morigéner l’auteur surcet emploi de sa vie et de ses heures, à lui demandercompte, au nom de Y humanité entière, des huit ou dixans de passion et de souffrance personnelle que résu-ment ces poëmes, et à lui reprocher tout ce qu’il n’apas fait, durant ce temps, en philosophie sociale, enpolémique quotidienne, en projets de révolution ou derévélation future, l’auteur aurait à répondre d’un mot :qu’attaché sincèrement à la cause nationale, à celledes peuples immolés, il l’a servie sans doute bien moinsqu’il ne l’aurait voulu; que des études diverses, despassions impérieuses, l’ont, jeté et tenu en dehors dece grand travail où la majorité des esprits actifs sepousse aujourd’hui; qu’il s’est borné d’abord à deschants pour l’Italie, pour la Grèce; mais qu’enfin-