M. LOUIS DF. CARNÉ.
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Carné, qui nous fournit l’occasion de ces remarques,met parfaitement en lumière toutes les pensées poli-tiques, les jugements, les espérances et les doutes decette école dont il est l’un des principaux soutiens. Nousaimons de tels ouvrages, parce que, s’il en naissaitbeaucoup de cette sorte dans des rangs qui ne sont pasles nôtres, ce serait une preuve qu’après bien des lutteset des déceptions cruelles, et même avec des dissi-dences d’affection persistantes, les générations nouvellespourraient enfin s’entendre sur le terrain d’une vraieet pratique liberté.
Comme toute la politique du Correspondant et commecelle de la Revue européenne, le livre de M. de Carnés’adresse particulièrement aux hommes qui formaient1 e parti de droite; c’est d’eux surtout et des lumièrespropres à les ramener qu’il se préoccupe; c’est à leurspréjugés historiques ou théoriques qu’il oppose, enchacune de ses pages, une plus juste raison des faitsou une argumentation qui tend à concilier avec lesgrands principes de la tradition catholique et romaineles résultats acquis de la civilisation moderne et de la
cotes et d’opinions. Le principal rédacteur du Correspondant étaitM. Edmond de Cazalès, qui n’entra dans les Ordres que bien plustard; il y avait encore M. Franz de Champagny, l’historien desCésars; un homme excellent et droit, M. Wilson, qui, sous sonnom anglais, n’était autre qu’un fils de M m ' d’Aumale, né pendantl’émigration. — M. de Montalembert n’appartenait point à cegroupe; plus jeune de quelques années, il était aussi plus tran-chant, plus acerbe, et une goutte du fiel de La Mennais pénétrade bonne heure sa nature éloquente et hautaine, qui en est restéeimprégnée jusqu’il la moelle. Les autres étaient modérés; lui, ilne le fut jamais.