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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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CONQUÊTE ET RÉFORME DU PAYS DE VAUD

corps, en appelèrent à un concile de l’église univer-selle. « Beau concile! s’écria Farel; combien danscette assemblée trouverez-vous de vrais membres deJésus-Christ? Il vous souvient du concile de Cons-tance. » Quelques opposants s’avancèrent; Yiret, Fa-rel leur répondirent. Calvin prit une seule fois la pa-role ; ce fut pour repousser le reproche fait à son partide mépriser les anciens docteurs, et quand il eut parlé,il y eut un moment de silence et de surprise. Jamaisla finesse de l’esprit ne s’était unie à plus de gravité,la richesse des vues à une dialectique plus puissante.Les plus savants n’hésitèrent pas à dire : « Voilà notremaître! » Farel résuma la discussion. Des zélateursn’attendirent pas que Berne eût prononcé sa sentencepour briser les images de la cathédrale et détruire « lagrande Dame » de Lausanne, la grande Diane, commela nommaient les réformateurs.

Des prescheurs, étrangers pour la plupart, se trou-vaient en grand nombre à la dispute; Berne ne leslaissa pas se disperser sans leur assigner, à chacun,un champ d’action. Ses baillis, à leur tour, se rendi-rent de lieux en lieux, obligeant les communes à ren-verser, à leurs frais, les images, naguère objets deleur vénération. Puis elle publia son édit de réforme.Les sacrements étaient réduits à deux. L’élection despasteurs était laissée au clergé, mais les seigneurs seréservaient de sanctionner la nomination. Le jeu, ladanse, le luxe, nommément celui des chausses tailla-dées, étaient défendus. Le crime d’accepter pension del’étranger, ou de porter les armes au service desprinces entraînait, pour les officiers,'la perte de la vie,