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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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LES CONFÉDÉRÉS APRÈS LA RÉVOLUTION RELIGIEUSE 73

cette formule, à éviter les expressions qui eussentblessé inutilement Luther, et se gardèrent de recher-cher l’appui de l’Allemagne aux dépens du principede la réforme et de cette noble indépendance qui afait, dans leurs beaux âges, la gloire des peuples hel-vétiques. Dictée par cet esprit, la Confession de Bâlefut agréée par Luther, qui répondit aux théologienssuisses comme un frère répond à des frères.

En même temps que leur foi, les villes s’appliquèrentà régler leurs mœurs. Tandis que la chaire conduisaitaux sources élevées auxquelles l’homme puise la forcede l’âme, l’église et l’état s’accordaient pour ramenerles peuples à la vie domestique, au travail, à l’ordre,aux goûts simples, à la vieille piété. Les vœux expri-més par les synodes se transformaient en ordonnances.Les jeux étaient défendus. Une danse honnête n’étaitpermise que le seul jour des noces, jusqu’à l’heure dela prière du soir. Dans toutes les paroisses un Consis-toire, composé d’ecclésiastiques et de laïques, futchargé de veiller à l’exécution des lois disciplinaires,mais particulièrement de celles qui avaient pour objetla sainteté des mariages et la paix des familles. Lespasteurs demandèrent tolérance pour les anabaptistes,mais Berne n’en condamna pas moins au bannisse-ment tous les sectaires, qu’ils fussent papistes ou dis-sidents ; en temps d’orage, elle voulait savoir sur quicompter.

Il se manifestait un grand zèle pour les lettres, etsurtout pour l’étude des saintes Ecritures, la charte dupeuple chrétien. Avant que Luther eût achevé sa Bible,les pasteurs de Zurich, réunis en école de prophètes,