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II Des commencements de la réforme a notre temps.
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NOUVEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE 121

fussent plutôt rapprochés de Rome que des Zwinglienset des Calvinistes, et ceux-ci demeuraient eux-mêmessans lien entre eux. Les villes suisses s’étaient bien,en 1536, réunies dans une profession de foi commune ;mais elles ne l’avaient pas publiée. Les divergencesentre elles restaient nombreuses. Il fallut, pour entriompher, l’action des circonstances et l’appel del’étranger.

L’empereur Maximilien II avait convoqué, en 1566,une diète de l’Allemagne, qui devait s’occuper d’inté-rêts religieux. Il se montrait tolérant; mais les Luthé-riens s’efforcèrent de faire rejeter les Sacramentairesde la paix de l’empire. Ils avaient surtout à cœur d’enexclure l’électeur palatin, Frédéric III, que les Calvi-nistes d’Allemagne regardaient comme leur chef. Ences circonstances, l’électeur demanda à Bullinger uneprofession religieuse, qu’il pût soumettre à la dièted’Augsbourg. Peu de mois auparavant Bullinger,croyant la mort à sa porte, et voulant laisser à l’égliseun témoignage de sa foi, avait mis par écrit le résuméde ses croyances; il l’envoya. Toute confession parti-cipe aux ténèbres, comme aux lumières, de l’âge dontelle exprime la foi ; mais celle-ci valait mieux que sonsiècle. Elle n’était pas le fruit de la dispute, ou l’œuvrefroide et mesurée d’une assemblée de théologiens,mais l’épanchement d’une âme fidèle animée d’unepensée de paix. Œuvre d’un homme qui se croyait àsa dernière heure, elle avait reçu quelque chose de lasolennité de ces graves moments. Sur la cène, elleexprimait avec clarté la doctrine de Zwingli, mais lefaisait d’une manière moins tranchante que de précé-