126 NOUVEAUX PROGRÈS DE LA RÉACTION ULTRAMONTAINE
tante et la science romaine. Le calendrier adopté de-puis les jours de Jules-César, et qui faisait succéder àtrois années de 365 jours une année d’un jour de plus,était demeuré, sur le cours réel des temps, en retardde dix jours, que le pape Grégoire XIII ordonna deretrancher de l’an 1582. Les peuples catholiques obéi-rent, ceux des Alpes les derniers ; mais il suffit auxprotestants, pour rejeter le changement, qu’un papel’eût proposé. Les Confédérés eussent pu se décidersur ce sujet sans que la paix du pays fût troublée, siles bailliages communs n’eussent offert, de nouveau,un champ à la discorde. La querelle éclata en diète.On ne sait où elle se fût arrêtée, si l’ambassadeur deFrance n’eût trouvé les termes d’un accommodementIl fut convenu que les sujets des bailliages mixtescélébreraient leurs fêtes selon le nouveau style, lesévangéliques leurs fêtes particulières selon l’ancien.Il n’en fallut pas moins un siècle encore pour que lespays protestants reconnussent les droits de la raison,parce qu’elle s’exprimait par la bouche de leurs ad-versaires.
Chez les Appenzellois, la lutte s’envenima jusqu’aupoint de rendre nécessaire la séparation du canton endeux états. Us avaient vécu soixante ans en paix, lesévangéliques voués à l’industrie, les catholiques auservice mercenaire, quand la question du calendrierfit éclore les germes de haine religieuse, et quanddeux pères capucins, les frères Louis et Jacob, dé-montrèrent aux catholiques, en minorité dans lesRodes extérieurs, mais en majorité dans le bourgd’Appenzell, qu’ils ne devaient pas laisser des héréti-