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HENRI DE ROHAN
Baldiron et d’Alwig, rentrèrent dans l’Engadine et lePrettigau. « L’archiduc, disaient en plaisantant cessoldats, nous a promis une maison à chacun ; escar-gots, nous l’emporterions; guerriers, nous la mettonsen cendres. » On se battit jusque sur les neiges desAlpes. Un dernier combat fut livré près de Saas, surla prairie d’Aquasana. (5 septembre 1622.) Les Pretti-goviens, sous Rodolphe de Salis, succombèrent aprèsune héroïque résistance. Les troupes de Coire et de laligue grise accoururent trop tard à leur secours. Toutle pays ne fut bientôt qu’une ruine. Les villageois fu-rent réduits à errer sans toit et sans pain. On nommeencore l’hiver qui suivit, celui de la grande famine.Vainement les Confédérés, émus de pitié, intervinrenten faveur de leurs alliés ; la Rétie fut réduite à subirle sort des vaincus.
Cependant les succès de la maison d’Autriche avaientréveillé la France, où venait d’arriver aux affaires unhomme qui avait l’instinct de la puissance et qui, lebut tracé, n’était arrêté par aucun scrupule sur lesmoyens d’y parvenir. Richelieu, sachant les états pro-testants les alliés naturels du roi, s’unit à l’Angleterre,à la Hollande, aux restes des réformés d’Allemagne ;puis il se mit d’accord avec Venise et le duc de Savoiepour contraindre l’Espagne à l’observation du traité deMadrid. (1624.) Aussitôt 6000 Français et 3000 Suisses,sous le marquis de Cœuvres, traversèrent la Rétie, queles Autrichiens avaient abandonnée, et reconquirent laValteline. ( 1625. ) Ce ne fut pas toutefois pour la res-tituer aux Grisons. Ceux-ci n’apprirent pas sans sur-prise que les rois de France et d’Espagne s’étaient ré-